ponçage au sol/1,30m de diamètre chacun/2011
Ponçage du sol imitant les halos de lumière produits par les suspensions de l'usine (ancienne filature de Romchamp). Réalisé à l'occasion du festival Défense de nettoyer en marche.
[...]Alexandre Giroux est un artiste qui manipule, pétrit la matière, littéralement notamment quand il s'agit de chewing-gum ou de boules de papier, pour inscrire les formes du monde dans un processus de fabrication et d'industrialisation. Simplement ou naturellement devrait-on dire, ce nouvel Homo Habilis, parce qu'il est indéniablement confronté au monde contemporain, a intégré dans son vocabulaire, en plus des formes brutes et organiques produites par la nature, les formes manufacturées produites par l'homme au fur et à mesure de son évolution. Le façonnage appliqué jadis aux silex concerne, chez Alexandre Giroux, aussi et indifféremment aux objets quotidiens de design qui, nous devons le reconnaitre, nous sont tout aussi indispensables, tels que les suspensions lumineuses qui nous apportent un élément essentiel aujourd'hui : la lumière, artificielle il va sans dire. L'oeuvre présentée dans le cadre du Festival de Ronchamp prend ainsi tout son sens, préhistorique, historique - et pas seulement à cause de son aspect poussiéreux ! - mais aussi industriel. Alexandre Giroux n'a pas conçu la réactivation d'une seule suspension lumineuse mais bien d'une série, sur le lieu d'une ancienne chaîne de montage. Ceci reviendrait à dire que le processus de manipulation des formes ne peut plus, aujourd'hui, être envisage comme un acte isolé, qu'il soit artisanal ou artistique, mais indéniablement comme un acte collectif. Alexandre Giroux propose ainsi une définition générale, à la fois radicale et pertinente, de la sculpture : véritable mise en forme individuelle et collective, manuelle et industrielle.
Leslie Compan