Le travail d’Alexandre Giroux s’attache à un «presque rien» poétique, un acte minimum de la création. Considérant que celle-ci ne peut se faire ex nihilo, il utilise des images et des signes issus d’une conceptualisation du monde, d’une appropriation de celui-ci génératrice de sens. Il en fait une transcription par un geste simple pour mettre en doute notre compréhension du réel et (ré)enchanter la distance. Le terme de «réalisme merveilleux» pourrait définir son travail en cela qu’un étonnement primordiale y est toujours rattaché à une idée de réel rationnel. Manipulant les savoirs pour y insuffler poésie et récit, trouvant une forme, un «je ne sais quoi» à la fois distancié et fascinant, il appréhende la représentation par les processus ou les aléas de sa fabrication dépassant l’opposition entre art et artisanat et délimitant un espace commun au statuts de spectateur-lecteur et celui d’artiste. Un espace entre être et non-être, là où se situe le faire. La pratique de l’artiste est le matériau principal de son travail, bien souvent par le biais de l’amateurisme. Il y revisite une imagerie provenant d’une rationalisation du monde, de l’enfance qui en est le lieu d’apprentissage ou encore des loisirs créatifs, en vue de produire une figure de l’artiste en amateur.

Ramon Russell in catalogue BJCEM 2008