in QUESTION DE JEUNE CRÉATION paru en parallèle à la 10e Biennale de la Jeune Création d'Houilles en mars 2014.
Elle associe le texte critique d’Alexandra Fau (critique d’art et commissaire) aux interviews de 42 artistes ayant participé à la Biennale de la jeune création, depuis ses débuts il y a 17 ans.
Annguillaume, Armand Audrey, Brutus Claudia, Maxime Brygo, Matt Coco, Amélia Desnoyers, Jennifer Douzenel, Pierre Feller, Sarah Feuillas, Nina Forlani, Morgane Fourey, Audrey Frugier, Yoko Fukushima, Sophie Gaucher, Alexandre Giroux, Yukari Hara, Cédric Hoareau, Fabien Jouanneau, Alanig Keltz, Kaïa Kiik, Jola Kudela, Florent Lamouroux, Marie Lancelin, Catherine Larré, Marie Lelouche, Stéphanie Mansy, Romain Métivier, Monsieur Moo, Nicolas Muller, Julien Nédélec, Benoit Pype, Bruno Revert, Christophe Salles, Emilien Sarot, Marie Soularue, Ji Yeon Sung, Maxime Thoreau, Romain Trinquand, Kirill Ukolov, Fabien Verschaere, Laure Vigna, Rénald Zapata.


>Etre artiste en 2014, que cela signifie-t-il vous ?

Je ne vois pas de façon simple de circonscrire une activité aussi éclatée conceptuellement, formellement, matériellement, "comportementalement", temporellement. Il y a autant de façons d'être artiste que d'artiste et j'aurais tendance à les choisir toutes comme valide pour mon compte.

>Pouvez-vous expliquer votre envie de devenir artiste ?

Etudiant aux Beaux-Arts, je me suis rendu compte que l'art pouvais me permettre d'inventer mon activité et de la renouveler quand bon me semble. Ce qui m'a paru bien plus agréable qu'endosser une fonction pour toute une carrière. Mais malgré une conviction suffisamment grande pour faire ce travail, je pourrais arrêter du jour au lendemain sans souffrance : ce n'est pas un problème métaphysique. Au-delà de la conviction que l'art est une affaire sérieuse et et qu'il faut le faire bien, je ne crois pas que ce soit essentiel. C'est complètement contradictoire : ce n'est pas essentiel parce que cela n'a rien à voir avec la survie, mais cela touche quelque chose de permanent en moi et chez les autres.

>Que diriez-vous de votre parcours ?

Le parcours moyen d'un jeune artiste moyen. Une sorte d'ambition mal dirigée, plutôt joueuse disons. Mes objectifs sont assez élevés mais je prends un malin plaisir à les éviter et à en frôler d'autres moins convoités. J'ai aujourd'hui l'impression d'avoir posé des fondations qui n'ont pas grand chose à voir avec la construction qu'elles doivent accueillir. De façon générale, j'aimerais arriver à une oeuvre sans attache, sans identification voire sans identité.

>Avez-vous eu des rencontres déterminantes ?

Oui. Les plus précieuses sont basées sur le long terme, une discussion très étirée dans le temps. J'ai trop peur d'oublier quelqu'un pour vous citer des noms.

>Quelle relation entretenez-vous à votre espace de travail quel qu'il soit ?

Les espaces de travail sont nombreux et la relation que j'entretiens avec chacun est toujours différente. Cela vaut aussi bien pour un même espace à différents moments.

>Si vous deviez donner un conseil à un jeune artiste en apprentissage…

Ecoute les conseils avec le plus de distance possible.