Alexandre Giroux utilise de multiples moyens plastiques. Il s’attache à mesurer des écarts entre la réalité et sa représentation, le plan et le terrain, l’image et le volume, l’original et la copie. Ses projets mettent en œuvre des principes d’interprétation, de traduction, de transposition d’un langage dans un autre. C’est ainsi que Die Modell, la maquette du Bauhaus de Dessau conçu par Walter Gropius, a été réalisée à partir d’une image du bâtiment en perspective. Le résultat, des plus étranges, donne pourtant à voir une forme de rationalisation du monde. Giroux ne met pas en crise nos instruments de conception du monde, il en joue, il les énonce sans les dénoncer. De la même manière, lorsqu’il agrandit à l’échelle 1 l’image satellite du lieu où il expose, l’image dont les pixels sont matérialisés par des carrés de moquette coïncide avec la réalité. En confrontant la carte et le territoire sans les opposer, il nous amène à repenser notre rapport au réel.

Dominique Abensour à l'occasion de l'exposition Mais où est donc Ornicar? à la galerie Les Filles du Calvaire